Le corps en exil
Je reçois les coups, la violence qui éclate sans prévenir comme un orage acide. Mon corps n’est plus à moi, il est devenu un champ de bataille. Chaque impact est une effraction, une onde de choc qui fige mon sang et éteint ma lumière. Mes muscles se contractent dans l’attente du prochain assaut. Physiquement, je suis un amas de tensions et de silences forcés. Ma respiration est courte, comme si je n’avais plus le droit d’occuper tout l’espace de mes poumons. Je me sens fragmentée, éparpillée entre la douleur qui brûle et cette anesthésie qui m’envahit pour ne plus sentir. Dans mon esprit c’est le chaos. Je me demande comment j’en suis arrivée là. Pourquoi je reste, et pourquoi je n’ai plus la force de crier ni de m’enfuir. Je ne suis plus une femme, je suis une ombre qui tente de se faire invisible pour ne plus être frappée. Je suis terrifiée à l’idée que ce corps, ma seule demeure soit en train de s’effondrer.