Le Parent fantôme
Le moindre désordre, le moindre cri devient une agression. Je m’étais promis de faire mieux, d’être ce rempart de douceur et de patience que je n’ai pas toujours eu. Mais aujourd’hui ce masque de « parent parfait » se fissure sous le poids d’une fatigue qui s’accumule. Quand la colère monte pour un rien, pour un verre renversé ou un cri de trop, ce n’est pas au parent que j’en veux : c’est à l’enfant que j’étais et qui n’avais pas le droit de déborder. Chaque pleur de mon enfant résonne comme un écho brutal de mes propres blessures. Je me sens fragmenté : une part de moi veut chérir, l’autre veut fuir pour ne plus ressentir cette impuissance. Je ne me reconnais plus, je ne suis plus qu’un automate qui tente de maintenir une perfection de façade, vidé par toutes ces tâches qui s’accumulent. Je ne sais plus comment « être sans faire ».