Le cri du corps à l’arrêt

Je suis là, immobile et j’ai tant de chose à faire. Ce corps qui est mon véhicule est un poids aujourd’hui. Je me sens inutile, ma valeur a toujours été liée à ce que je faisais, ce que je produisais, à l’aide que j’apportais aux autres. Aujourd’hui je ne produis que du silence et de la douleur. Si je ne peux plus faire alors qui suis-je ? J’ai le sentiment d’être devenu un fardeau, une ombre dans le coin d’une pièce, un être en sursis que l’on regarde avec une pitié qui me glace. Je ressens de la peur, pas celle de la fin, mais la peur de ce face à face avec moi m’aime. Le bruit de mes activités masquait le murmure de mes blessures. Maintenant que mon corps est à l’arrêt, je ne suis plus le travailleur, l’ami, le conjoint. Je suis le malade et je me sens réduis.